Une séance d’analyse des pratiques ne se juge pas à ce qui s’y dit, mais à ce qui peut s’y dire. Voilà ce que six cycles animés en EHPAD nous ont appris.
Le premier réflexe, quand une équipe se réunit pour parler des situations difficiles, est de chercher une solution. C’est exactement ce qu’il faut empêcher. Le temps de la recherche de solution arrive plus tard, et seulement si le groupe le décide.
Le cadre avant le contenu
Trois règles, énoncées à voix haute au début de chaque séance, et rappelées sans exception : ce qui est dit dans la salle reste dans la salle ; personne n’est interrompu ; aucun avis n’est demandé tant que le récit n’est pas terminé.
On parle enfin des situations difficiles sans jugement, et cela se voit dans la qualité des soins.
Dr Karim B., médecin coordinateur
Les trois erreurs qui font échouer un cycle
Faire animer la séance par le responsable hiérarchique
La parole ne se libère pas devant celui qui évalue. L’animation revient à un tiers, formé, extérieur à la ligne hiérarchique. C’est la condition la moins négociable des trois.
Ouvrir le groupe en cours de cycle
Un groupe qui change de composition recommence à zéro. Les six séances se font avec les mêmes personnes, ou elles ne produisent rien.
Rendre compte à la direction
Un compte rendu, même anonymisé, suffit à refermer la parole. Ce qui remonte, c’est l’existence du dispositif et sa fréquentation. Rien d’autre.
Le reste — la méthode d’analyse, les grilles, les supports — compte beaucoup moins qu’on ne le croit. Notre cycle d’analyse des pratiques repose sur ces trois conditions et sur rien de plus sophistiqué.
